mercredi 4 juillet 2012

Des bouts de tas

Je pense souvent à ma grand-mère, à mon grand-père, à mon beau-père, à mon frère, tous au fond du trou.
Depuis belle lurette qu'ils sont morts.
En attendant, je me sens mieux enraciné avec des têtes de mort qu'avec tous ces vivants en fleur dans leur peau.

Je reviendrais volontiers à hier, celui de jadis. Naguère est trop proche.
Et je ne suis pas nostalgique, surtout pas.
Mais à marcher dans ce présent et à devoir le traîner, à présent, partout sous la semelle, vraiment l'avenir sent trop la merde.

                                                      Fabrice Marzuolo - tas de mots n°9 - été 2012






La dame au petit chien


La dame au petit chien
(en plastique)
Est assise sur un banc
(son chien sur les genoux)
Près de l'homme au chapeau vert
(son chapeau dans la main)
Il lui demande
En quelle année
Tout ça a commencé
Elle lui répond
Qu'elle n'en sait rien
Les années se mélangent
L'homme au chapeau vert
Se lève alors
(son cul sale et tout mouillé)
La salue
(son chapeau dans la main)
La dame restée
Seule
(son chien sur les genoux)
Fixe droit devant elle
Un point
De l'horizon
Qui ne s'ouvre jamais
En caressant le chien
(en plastique)

                                                           Thierry Roquet - même tas

2 commentaires:

  1. un zest de Boris Vian, un tableau de vie ordinaire passant inaperçu dans le quotidien d'artifices s'il n'y avait eu l'oeil rapporteur du poème.
    Triste à briser les larmes sur l'écueil de l'indifférence et si vrai, si vrai ...

    RépondreSupprimer