lundi 20 février 2012

Du lu ailleurs

... des parallèles poétiques :

Cimetière

Mes gencives nues claquent 
Sur un sandwich au vent
Trop d'hivers dans le sang
Et de misères en sac

Sur un épais carton
Je tremblote mes nuits
Et y cogne ma vie
A grands coups de canon

A l'ombre d'une bière
Les fossoyeurs s'agacent
Au son des dents qui cassent
Sur un gâteau de pierre

Xavier Le Floch - Revue Gros Textes, arts et résistances n°4 - novembre 2011



Moins

froid pince
froid pique froid mord

la même peau d'homme

dedans dehors

la même chair d'homme

dedans dehors

froid endort
froid tue

dehors dehors

                      
                      février 2012


Jacques Morin - extrait de ses Circonstancielles - site de la revue Décharge


+

Laide étoile


Froidure,
gelure,

carton
béton,

dessous
un sans-le-sou :

oui, c'est souvent là,
à la laide étoile
qu'elle mirlitonne fort,
la mort.


1er décembre 2010.

            
Morgan Riet



dimanche 19 février 2012

Des bouts de tas


Dessin de Jean-Marie Cador - tas de mots n°4



Rom, l'unique objet de ma lumière

En ce jour d'automne
Il me suffit d'un soupir
Pour te pleurer
Une larme
Pour te chanter
Tu divagues nos rires
C'est l'expense de l'âme
Qui m'extasie

Mais quelle conscience à venir ?
En ce char à bia ?
Diras-tu mes mots
Doux
D'où sinon de là ?

                     EUX, les rejets
Les abjures
Les insultes
Les excluses

                    EUX, les amalgames
S'en fichent des errances
S'en fichent des espoirs
S'en tapent et vous frappent
Depuis leurs rictus
Aux parfums
De mort sûre !

                    EUX, les décideurs
Décrètent indésirables
Vos projets d'amour
Peuples magnifiques
Et rentifient l'espace
Et ça leur apporte
La gouvernance
facile
D'être paraissent-ils
Ainsi
Méca niqueurs du réel !

                    Pauvres décideurs !
Mais vos mots sont mon chant
Vos mots sont ma langue
Je la descelle
Je l'envie,
Je l'engrosse

Vos errances
Nos espérances
Clament la joie d'être

                   (Est-ce assez simple dit comme ça ?)

Chers errants ?

Vos rythmes musiquent ma vie
Je l'apatride et la rime
Aux sonorités de l'espoir
Le souffle c'est vous
Et ça se joue
De la bêtise identitaire
Toujours sédentaire


Alain Leylavergne - même tas - printemps 2011



Nos yeux, nos mains, bien sûr notre âme
Nous ne sommes que des miroirs
Miroirs de nous, miroirs des autres

Je vois avec des yeux de femme
Tu vois le blanc où est le noir
Nous sommes parfois des apôtres

Piégés dans le palais des glaces
Aveugles les yeux grands ouverts
On se cogne contre soi-même

Si on osait se voir en face
Sortirait-on de cet enfer
Et en sortirait-on indemne

Qu'on soit le reflet ou l'image
On se veut autre on n'est que soi
Et les miroirs nous multiplient

Comme le désert nos mirages
Comme les échos nos voix
Et comme les morts notre vie


Philippe Simon - même tas itou