mercredi 4 juillet 2012

Des bouts de tas

Je pense souvent à ma grand-mère, à mon grand-père, à mon beau-père, à mon frère, tous au fond du trou.
Depuis belle lurette qu'ils sont morts.
En attendant, je me sens mieux enraciné avec des têtes de mort qu'avec tous ces vivants en fleur dans leur peau.

Je reviendrais volontiers à hier, celui de jadis. Naguère est trop proche.
Et je ne suis pas nostalgique, surtout pas.
Mais à marcher dans ce présent et à devoir le traîner, à présent, partout sous la semelle, vraiment l'avenir sent trop la merde.

                                                      Fabrice Marzuolo - tas de mots n°9 - été 2012






La dame au petit chien


La dame au petit chien
(en plastique)
Est assise sur un banc
(son chien sur les genoux)
Près de l'homme au chapeau vert
(son chapeau dans la main)
Il lui demande
En quelle année
Tout ça a commencé
Elle lui répond
Qu'elle n'en sait rien
Les années se mélangent
L'homme au chapeau vert
Se lève alors
(son cul sale et tout mouillé)
La salue
(son chapeau dans la main)
La dame restée
Seule
(son chien sur les genoux)
Fixe droit devant elle
Un point
De l'horizon
Qui ne s'ouvre jamais
En caressant le chien
(en plastique)

                                                           Thierry Roquet - même tas

lundi 2 juillet 2012

A propos de quelques mauteurs du n°9

Fabrice Marzuolo est né en Lorraine et travaille à Paris. Parmi ses recueils et plaquettes :"La diligence ne passe pas avec les aboiements" ( collection Polder, décharge, 2007), "Photo de l'hôtel de la dernière vacance" (auto-édition, 2010), "Les designs charognes" (auto-édition, mai 2011), "Toujours pas" (auto-édition, 2011), "Messages dadadieu" (auto-édition, 2011), "Ma suie love" (auto-édition, juin 2011), "Le coco bel oeil du net" (éditions mi(ni)crobe, octobre 2011) et tout récemment "La partie riante des affreux" (éditions le Citron noir), co-écrit avec Patrice Maltaverne. Des textes de lui ont paru dans de très nombreuses revues parmi lesquelles Comme en poésie, Rétroviseur, Décharge, Traction-Brabant, Verso, Arpa, Microbe, N4728, Nouveaux Délits, Poésie Première, Liqueur 44... Aussi, quelques-unes de ses nouvelles ont été publiées dans les revues suivantes : Pr'ose !, Harfang, Les hésitations d'une mouche et Nouvelles revue Moderne. De même, on peut le retrouver sur le net dans les revues POD, Chos'e, La Belle-mère dure ainsi que dans la Revue des ressources. Enfin, Fabrice conduit avec beaucoup de talent, depuis février 2011, un bien chouette Autobus !


Perrin Langda est né à Lyon en 1983 et vit aux alentours de Grenoble depuis 2001. L'essentiel de son travail poétique cherche à saisir les contours de l'être humain, de l'amour, de la nature, ou encore, du béton armé, pour les inscrire au sein d'une chimie aléatoire de la réalité moderne : " Il faut considérer l'être pour ce qu'il semble / Une forme qui tremble / aux alentours du vide", écrit-il, en résumé.

Corinne Le lepvrier est née en 1964, à Brest, et vit maintenant à St Nazaire où elle dédie une part de sa vie à décliner l'acte sensible, confrontant et transversal d'écrire. Animatrice des ateliers d'écriture de l'association Matière à Mots, elle cherche ses formats dans une prose poétique. Elle a publié en revues (Verso, Lieux d'être, N4728, Contre-allées, 7 à dire, Comme en poésie...), revues en ligne (Terre à Ciel, Soc et Foc, Francopolis, le Capital des mots), a contribué à l'ouvrage "Se former par la recherche en alternance (Un voyage ou partir et revenir)" aux éditions l'Harmattan, collection Savoirs et cognition, et quelques recueils de poésie :
"Mes nuits au lieu(x) d'être" (éditions Encres vives, collection Lieux, 2011)
"La femme elle je" (éditions Rafael de Surtis, collection Pour une terre interdite, 2012)
"Il ne suffit pas d'un tas de cendres pour faire un homme" (éditions Le Frau, à paraître 2012)

Ferruccio Brugnaro est né en 1936 à Mestre (Italie). Il vit aujourd'hui à Spinea en Vénétie. Poète autodidacte à l'engagement social fort, il a gagné sa vie en travaillant comme ouvrier, dès le début des années 50. Pendant de nombreuses années il a fait partie du comité d'entreprise de Montefibre Montedison et pendant plusieurs décennies il a été l'un des initiateurs des luttes du mouvement ouvrier. En 1965, il commence à distribuer dans les quartiers, les écoles, auprès des travailleurs en lutte, ses premiers polycopiés de poésie, récits et réflexions. Il est l'un des premiers en Italie à distribuer de la poésie sous forme de tracts.

Aurore Guillemette est née en 1993 dans le Calvados où elle aimait, à ses heures perdues, marcher sous la pluie dans la forêt. A plume kaléidoscopique caractère cyclothymique : après avoir habité quelques mois sur Caen pour sa prépa littéraire et sa fac d'espagnol qu'elle a toutes les 2 lâchées dans l'année, c'est en Ile de France qu'elle s'installe pour se défoncer de ses passions artistiques (entre autres !) que sont la musique et l'écriture. Cette dernière , avant tout utilisée comme catharsis, s'est désormais affinée, et c'est à ses 19 ans, après 13 années de recherche d'elle-même qu'Aurore autopubliait "De(ux) coeur(s) à coeur" (février 2012) et "Supernova noyée dans l'Atlantique" (avril 2012). Quelques-uns de ses textes se sont aussi égarés dans la toute jeune revue Pierre d'encre. Aujourd'hui, la tête pleine de rêves, elle espère qu'ils deviendront un jour réalité, mais la vie l'appelle...

Thierry Roquet est né en 1968 à Rennes. Il vit actuellement à Malakoff. Parmi ses recueils et plaquettes publiés : "Pickles and Mustard" (éditions Bookinstinct, 2006), "Un bretzel entre nous" (éditions Mi(ni)crobes, 2007), "Tristana, d'un trait" (même éditeur), "Comme un insecte à la fenêtre" (éditions Gros Textes, 2011), "9 bureaux en quête d'employés" (-36° édition, 2011) et "Le quotidien du pain noir" (auto-édition, 2011). Par ailleurs, certains de ses textes sont présents dans les revues suivantes : Les hésitations d'une mouche, Décharge, Dégaine ta rime, Microbe, Mauvaise graine, Antidata, La femelle du requin,Verso et Les Etats civils.