lundi 27 mai 2013

Les orangers fleurissent en hiver - Carlos Tronco


68 pages - 10 euros*



Vers quel océan Carlos lance-t-il ses mots ?

Outre-mer, de l'autre côté de nos horizons intérieurs !

Le poète chemine en quête de rêve mais aussi de combats à mener, posément, certainement, avec la conscience que la rage enrage mais n'arrange rien et qu'il convient de se prémunir des banalités pour affirmer le droit au souffle. Imposer le sens aux sens, la douceur aux désirs, conquérir la paix et la tendresse. Aimer.

Carlos sait que les orangers fleurissent en hiver, il nous livre posément cette évidence. La fleur est fragile, mais la fleur du mot lui-même se répand en certitudes : la vie est toujours plus forte que les apparences de la mort.

Dans ce nouveau recueil, portugais et français se répondent, s'apostrophent, se câlinent et s'approchent : le poète n'a pas souhaité traduire du mot au mot, précisément, et il a eu raison puisqu'il vit dans les deux langues chatoyantes, sensuelles, qui savent, du sonnet au vers libre, s'entre-aider, se soutenir pour dire les origines des sons, des couleurs, des douleurs et des joies.

Le rivage est toujours plus proche pour le poète, même dans la tempête, dans le regard large.

Ultra-mare, là où l'horizon se prend pour l'infini, Carlos nous délivre de nos mots.

"Les orangers fleurissent en hiver", c'est trente poèmes, donc, offerts comme une mise en appétit, une avancée, une jetée, un embarcadère, un point de départ, la promesse du voyage.

"Vou", "Je vais", premier titre, affirmation et invitation à suivre le poète.

"Escuta", "Ecoute", ultime conseil, clôt et ouvre ce recueil.

                                                                                                 

                                                        Alain Leylavergne




Vou


Vou deitar-me

com os meus sonhos

como a nau

se deita ao mar,

contra as ondas,

tempestades

so sonhos podem lutar

vou deitar-me so ao mar

sozinho,

vou até acariciar

a espuma com carinho

se o tal mar me deixar

vou

deitar-te ;

vou partir

ergam-se mastros

também velas

que me levem caravelas

junto ao teu mar repousar



Je vais


Je vais me coucher

Avec mes rêves

Comme la galère

Qui se jette à la mer

Face aux vagues

Aux tempêtes

Seuls les songes peuvent lutter

Je vais me jeter à la mer

Seul,

Je vais même caresser

L'écume avec tendresse

Je vais

Me jeter...

Que les mâts se dressent !

Que les voiles se hissent !

Que les caravelles m'emportent

Jusqu'à tes rivages

Pour reposer.



* Chèque à l'ordre de l'Association Les tas de mots
27, rue de le Fosse-Frandemiche
14330 Le Molay-Littry




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire