vendredi 31 mai 2013

Avis à la population : Des mauteurs donnent de la voix !

Lectures


    Théâtre de la Boderie





Le samedi 8 juin 2013, à partir de 19 h, au Théâtre de la Boderie :
"Chaque mot se souffle, chaque mot s'écrie". Poémes, nouvelles, textes, publiés dans la revue, accompagnement musical, exposition des sculptures de Marie Lemoine, signature du roman de Didier Malhaire Le roi du lard et des recueils de poèmes et de nouvelles, entrée prix unique : 6 euros.

Théâtre de la Boderie - La petite Boderie - 61430 Ste Honorine la Chardonne

           Réservations : theatrelaboderie@gmail.com 
            tel 02 33 65 90 46 ou 06 13 82 37 21








jeudi 30 mai 2013

Quelque chose - David Lemaresquier et Morgan Riet


64 pages - 10 euros* (+ 2 de frais de port)



David LEMARESQUIER et Morgan RIET, nous livrent ici un recueil d'une grande richesse. Les  croisements d'images et de mots sont comme des reflets de l'âme, sincères, sensibles et justes. Au mot à mot le sens nous insinue du doute, page après page. Dans ces éclats de miroirs propulsés hors d'eux, à l'instant du tracé, les auteurs sont les visionnaires d'un réel. Lequel ?
Pour rire, on dit quelquefois que le chien en laisse promène son maître mais, ici, qui du mot ou de l'image promène l'autre ?
Chaque signe - iconographique ou alphabétique - dans cette partition à quatre mains indique le sens et le contraire de l'arbre, de la marée, du portrait. Comme si le contraire avait un souffle, voici des mots fragiles, posés là, par le Poète, voici les réponses imagées par l'Artiste.
Et vice et versa. Une sonate en quelque sorte.
"Quelque chose", comme si de rien n'était, bouleverse l'ordre de la perception : Morgan RIET s'affiche, aux limes du basculement, au seuil de l'irréel et son ami, David LEMARESQUIER, le suit dans son sillage.
Ils nous précèdent dans nos doutes : où en êtes-vous de vos mots ? Où en êtes-vous de vos images ?
David LEMARESQUIER postule une vision, un paysage perçu à l'orée du bois, à l'acmé du rêve, aux limbes de la perception, près de la flaque, dans le miroir. Morgan RIET pianote, déconstruit l'instant, la certitude du moment.
Dans les hésitations, le poète et l'artiste, confirment le réel.
Voilà l'oeuvre, on s'y baigne, on s'y trouble.
David LEMARESQUIER projette et cette construction d'images, en noir et blanc, méritait bien son rouge titre, comme un blanc-seing confié par l'ami, ce "Quelque chose" que défie l'âme, précisément.


                                                                              Alain LEYLAVERGNE


Des extraits à lire, à voir, ici ou


* Chèque à l'ordre de l'Association Les tas de mots
27, rue de la Fosse-Frandemiche
14330 Le Molay Littry

lundi 27 mai 2013

Les orangers fleurissent en hiver - Carlos Tronco


68 pages - 10 euros*



Vers quel océan Carlos lance-t-il ses mots ?

Outre-mer, de l'autre côté de nos horizons intérieurs !

Le poète chemine en quête de rêve mais aussi de combats à mener, posément, certainement, avec la conscience que la rage enrage mais n'arrange rien et qu'il convient de se prémunir des banalités pour affirmer le droit au souffle. Imposer le sens aux sens, la douceur aux désirs, conquérir la paix et la tendresse. Aimer.

Carlos sait que les orangers fleurissent en hiver, il nous livre posément cette évidence. La fleur est fragile, mais la fleur du mot lui-même se répand en certitudes : la vie est toujours plus forte que les apparences de la mort.

Dans ce nouveau recueil, portugais et français se répondent, s'apostrophent, se câlinent et s'approchent : le poète n'a pas souhaité traduire du mot au mot, précisément, et il a eu raison puisqu'il vit dans les deux langues chatoyantes, sensuelles, qui savent, du sonnet au vers libre, s'entre-aider, se soutenir pour dire les origines des sons, des couleurs, des douleurs et des joies.

Le rivage est toujours plus proche pour le poète, même dans la tempête, dans le regard large.

Ultra-mare, là où l'horizon se prend pour l'infini, Carlos nous délivre de nos mots.

"Les orangers fleurissent en hiver", c'est trente poèmes, donc, offerts comme une mise en appétit, une avancée, une jetée, un embarcadère, un point de départ, la promesse du voyage.

"Vou", "Je vais", premier titre, affirmation et invitation à suivre le poète.

"Escuta", "Ecoute", ultime conseil, clôt et ouvre ce recueil.

                                                                                                 

                                                        Alain Leylavergne




Vou


Vou deitar-me

com os meus sonhos

como a nau

se deita ao mar,

contra as ondas,

tempestades

so sonhos podem lutar

vou deitar-me so ao mar

sozinho,

vou até acariciar

a espuma com carinho

se o tal mar me deixar

vou

deitar-te ;

vou partir

ergam-se mastros

também velas

que me levem caravelas

junto ao teu mar repousar



Je vais


Je vais me coucher

Avec mes rêves

Comme la galère

Qui se jette à la mer

Face aux vagues

Aux tempêtes

Seuls les songes peuvent lutter

Je vais me jeter à la mer

Seul,

Je vais même caresser

L'écume avec tendresse

Je vais

Me jeter...

Que les mâts se dressent !

Que les voiles se hissent !

Que les caravelles m'emportent

Jusqu'à tes rivages

Pour reposer.



* Chèque à l'ordre de l'Association Les tas de mots
27, rue de le Fosse-Frandemiche
14330 Le Molay-Littry