jeudi 8 janvier 2015

Plus que jamais

Aujourd’hui, le ciel bas-normand
est à l’image de la France :
gris,
pluvieux,
triste,
déversant sur les visages
croisés dans la rue
comme un chagrin inconsolable.

Hier, ma fille,
un peu surprise
de me voir pleurer,
à l’écoute des ondes,
m’a demandé alors :
« Qu’est-ce qu’il y a papa ? »
Et du mieux que j’ai pu,
je lui ai répondu :
« Tu vois, des hommes
viennent d’être tués
par des fanatiques, des terroristes,
juste pour quelques dessins »
et puis, j’ai ajouté :
« Possible que demain
ce soit mon tour,
juste pour quelques mots… »

Aujourd’hui tout en moi
est encore
pleurs,
colère,
mais, plus que jamais,
            amour
            de la liberté.                                  

                                                       Jeudi 8 janvier 2015.


                                                Morgan Riet

mercredi 7 janvier 2015

Aux abjects

Aux abjects




La saloperie sera niquée

Au nom de leur putain de fanatisme, d’un Dieu qu’ils croient vengeur, alors qu’il est  uniquement amour et liberté, des salauds, des cinglés ont osé s’en prendre au grand Duduche, à mon Cabu, et à ses amis.

Je pleure mon Wolinski qui m’a tant fait rire de tous nos travers, à nous les amoureux naïfs d’un monde que l’on voulait enchanté sans ouvrir les yeux sur la dégueulasserie des trous du culs de machos bouzilleurs d’espérance.

Les mêmes connards machos, Trous Ducs, qui s’en prennent aux filles dans le monde entier, les voilent et les violent. Tuent les enfants, les mal-pensant, les fumeurs et les buveurs.
Je leur gueule ma littérature, celle qui ose croire en l’homme et en la femme, je les souille des mots Voltaire, du rire de Diderot, des élans généreux de Rousseau. Je les emmerde de Rimbaud, je les conchie de Martin Luther King, de Gandhi, je pisse à la raie de leurs idéologies de merde, leurs rituels de déjantés. Ces Trous Ducs qui se prennent pour des guerriers ne sont rien que des gachéteurs abrutis par leur misère morale, leur désir de vengeance, au nom de Quoi ?

Qui est ce Dieu ? Pas le mien !
Le mien c’est celui du Prophète qui osait écrire à ses abrutis « Au nom du Dieu unique et miséricordieux ». C’est quoi la miséricorde pour vous ? C’est aller assassiner les poètes, les cinéastes, les journalistes ? Personne n’a insulté le Prophète, menteurs que vous êtes ! C’est pas le prophète qui avait été caricaturé dans Charlie, c’est l’image que vous en donniez, au nom de votre identité de cons, abjectes salauds.

Voilà, au nom du Dieu Miséricordieux, j’ose vous écrire, en paraphrasant Aragon que le poète a toujours raison quand il fait de ses mots une arme pour plus de beauté, pour plus d’égalité, pour plus d’amour.

Ah, l’amour, c’est plus fort que la haine.

Je ne vous hais pas, je vous méprise.

On va vous retrouver, canailles, et avec nos frères et nos sœurs musulman-e-s, juifs et juives, chrétien-n-es, athées, bouddhistes, animistes, bref nous les laïcs  et les laïques,  les républicain-e-s, de droite, de gauche, du centre, les royalistes, les anarchistes,  nous ferons la fête quand votre procès sera terminé et que vous rejoindrez votre geôle.

Nous serons libres et pas vous !

Je ne veux même pas votre peau (j’en ferai quoi d’une peau de salaud ?), ça serait me compromettre car, malgré vous, je persiste et je signe, je refuse de me salir à venger mes potes. Je refuse de me mettre à votre niveau. Mais comprenez la situation, il faut vous mettre hors d’état de nuire, quand-même !

Aujourd’hui nous pleurons sur nos innocents amis, les journalistes et le personnel de Charlie, les policiers chargés de leur protection. Vous êtes pas des hommes, vous !

Donc, peut-être que dans la solitude de la cellule, le vrai Dieu d’amour vous fera-t-il sentir un peu de sa présence et alors vous pleurerez, et alors vous serez sauvés, vous aussi.

Mais on va vous retrouver. D’abord. Vous devez répondre à nos questions. Trous Ducs. 



                                                                         Alain Leylavergne