vendredi 16 janvier 2015

Photo-poème pour Charlie

Je suis la foule unanime et libre
exprimée dans le cadre noir
le sang versé du poème-étendard
Nous sommes Charlie

J'ai rempli mon cœur
par le sang versé du poème /
du poème sans peur
déplié par tous
déployé par tout /
pas plié pour la peine

Dé-poème
multiplié
pour cent
Je /
mille et un
Je
au-dessus du couvert /
par-dessus le tapis sanglant
de leurs anathèmes

Rien n'est joué au hasard
la haine
est l'antichambre d'un festin
où l'ignorance blasphème
les plus beaux credo les plus beaux destins                                                
nos rêves nos idéaux
humains / trop humains

& nous ne plierons pas
sauf à plier le livre
à la pliure imaginaire
Hors frontières
du poème-étendard
poème-Vie / poème pour la vie
PoéVie




                                     Murielle Compère-Demarcy





© Khaled Youssef, Marche républicaine du 07/01/2015 à Nice

mardi 13 janvier 2015

Tu dis que...


Tu dis que
ta main est le soleil
ton autre main est la lune
qui se parlent couleur du ciel
sens de la terre, et hauteur des parfums

Dans ton palais illuminé par tes yeux qui lisent
tu es l'homme que tu crées
et ce sont là tes jambes
et ici ton sexe comme un jardin
qui dirigent une bonne partie de tes actes

Et,
plus profond, plus profond certains disent c'est ton âme
la nature de dieu, le miracle de ta vie
alors que toi tu crois tes perceptions
et non ce qu'on te dit de croire car

ta main est ta main
ton autre main est ta main

joins-les sur ton visage
pleure dedans quand on te tue
puis place-les en porte-voix
et fait porter ta voix qui ne tremble plus



                                                               Xavier Frandon

                                                               Montreuil
                                                               Le 9/01/2015

lundi 12 janvier 2015

Charlie, 12 janvier 2015



Ce matin le ciel a changé
c’est un vaste dessin
j’y vois l’encre de Chine
le bleu de Prusse
le blanc d’Espagne
le jaune de Naples
le rouge d’Andrinople
et bien d’autres encore
et là-haut
qu’il y ait un Dieu
ou qu’il n’y en ait pas
il y a quelques types
avec des crayons
qui comme avant nous montrent
que toutes les couleurs
se mélangent librement.



 
                                 Daniel Birnbaum