Henri OUVRARD, souffleur de vers



Souffleur de verre, éducateur, formateur, à la retraite, Henri OUVRARD s'est engagé très tôt dans bien des combats progressistes pour aider à changer notre vision consumériste du monde et de la société.
Il s'attaque avec humour et simplicité, voire une goguenardise certaine, à bien des clichés, bien des idées reçues.
Il sculpte, peint, écrit pour un développement à visage humain, contre les consommations inutiles. Il rêve d'une société enfin débarrassée de sa course aux gadgets.
Aller à l'essentiel c'est pour lui savoir goûter, apprécier ce qui advient, tout près de nous dans ces « petits riens » du quotidien. En voilà de la poésie!

 
Les petits bonheurs du matin

C’est d’abord l’odeur du café
Qui vient vous caresser le nez
Après les plaisirs d’un petit déjeuner
L’estomac bien garni est apaisé

Dans sa chambre sur son lit allongé
Tous les sens peuvent s’éveiller
Dans le silence du matin
Les sensations vont bon train

Le cœur est à l’écoute
On peut se laisser bercer
Rêver, dériver sur les routes
De la félicité et de l’éternité

Pour un instant seulement
Par la fenêtre ouverte
Quand le ciel est gris
C’est une pluie discrète
Et odorante qui rythme la vie

Par la persienne d’autres fois
C’est un rayon de soleil
Qui vous met en joie
C’est la promesse d’une belle journée
Qui vous invite à vous lever


L’aventure du Cosmos,

Un beau matin doux et ensoleillé, se promenant dans une petite ville paisible de Bourgogne, un citadin s’attarda à admirer un bac municipal empli de fleurs de toutes les couleurs.
Soudain, il découvrit une charmante fleur rouge qui poussait solitaire dans le bitume de la place du village, à coté du bac à fleurs.
« Que fait-elle là? Ce n’est pas sa place, elle va mourir! C’est étrange » se dit-il, « Comment une fleur si fragile peut-elle pousser dans du bitume? je vais donc tenter de la transplanter dans mon jardin. »
Avec précaution, il tira doucement la tige qui sortit de son logement avec une belle touffe de racines, cette résistance lui donna l’espoir de la voir s’implanter et prospérer dans un de ses massifs, en compagnie d’autres fleurs.
Mais en chemin, la plante à la main, il rencontra le fleuriste étonné.
Celui-ci lui indiqua qu’il s’agissait d’un cosmos, plante très vivace: « il suffit qu’une petite graine tombe dans une fissure d’une pierre ou du bitume avec un peu d’humidité et çà pousse. »
Après l’avoir implantée avec précaution dans son jardin, notre citadin, qui ne connaissait rien aux mystères de la nature, se demandait si cette plante allait survivre, car ses petites fleurs rouges s’étaient quelque peu refermées.
Puis une quinzaine de jours plus tard, notre néophyte fut très heureux de constater que de nouvelles fleurs s’étaient ouvertes.
Depuis, il ne cesse chaque matin d’observer l’évolution de son cosmos qui, malgré vent et pluie, agite ses fines branches où croissent et se multiplient de jolies fleurs rouges.
Ce fut une grande joie, un émerveillement d’observer cette force de la nature et ses mystères.
Ah ! Que la nature est bien faite, respectons-là !

H.Ouvrard - Montchanin le 15/11/10
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