Philippe SIMON, un poète enchanté

Philippe SIMON est poète. Après avoir exercé en tant que professeur des écoles, il s'engage définitivement en écriture: journalisme, essais, livres pour enfants et recueils de poésies nourrissent sa vie. Philippe ne s'en laisse jamais conter. Dans ses textes il interpelle, interroge, nous surprend au détour de nos logiques trop bien assises. La musique n'est jamais loin, l'invite à l'interrogation non plus.
Philippe réalise les maquettes de chaque numéro de la revue.

Il vient de  publier, cet été,  «Le Jardin des personnalités de Honfleur»


Ce livre raconte les vingt-et-un personnages qui ont fait
l’histoire de la Cité des peintres et qui sont mis à l’honneur,
dans ce parc créé le long de la Seine, en 2004. On y croise
les poètes Charles Baudelaire et Lucie Delarue-Mardrus, les
peintres Eugène Boudin, Jongkind, Monet et Dubourg, le
musicien Erik Satie, l’humoriste Alphonse Allais, la romancière
Françoise Sagan et le comédien Michel Serrault. Les
grands voyageurs partis de Honfleur sont présents, bien sûr :
Binot Paulmier de Gonneville, Samuel de Champlain, Pierre
Berthelot... Un voyage littéraire, poétique, réel et imaginaire...

«Le Jardin des personnalités de Honfleur»
154 pages, 11 €. En vente sur le site de
la Fnac., Éditions de la Lieutenance,


JAZZ MANOUCHE

D’où vient que ces airs-là me flanquent le frisson
Me chavirent les sens m’étreignent jusqu’au fond
Des recoins mal pavés de mes propres plaisirs
Entre dire et se taire entre rire et mourir

Est-ce l’or du violon l’encens blond des guitares
La myrrhe de la basse enivrante mémoire
De ce cœur qui battait des promesses de vie
Loin très loin au sein cœur d’une douce harmonie

C’est un rêve de jour nuage de beau temps
La joie plaque d’instinct ses accords comme autant
D’émotions apaisées d’euphories platoniques

J’écoute et je m’enchante et goûte et me repais
Je me console un peu moi qui sais que jamais
Hélas je ne saurai jouer cette musique


REMORDS DE PARFUMS

Les remords de parfums
Qu’elle portait superbe
Jouent à saute-chagrin
Sur mes amours imberbes

Ses yeux n’avaient pas vu
Qu’aux miens elle était belle
Le paradis perdu
Est au ciel des marelles

Qu’elle rie qu’elle pleure
La nostalgie éponge
Ses vœux piqués de songes

Que je vive ou je meure
J’épingle mon passé
Sur des murs sans regrets

HOMMES DE CARACTÈRE

Pour Philippe Desdouets

Hommes de caractère hommes d’encre et de lettres
Dans leur antre de feu d’antimoine et de plomb
Ils lisaient à l’envers les mots encore à naître
La copie n’était pas du papier de chiffon

Le livre est exigeant il réclame des maîtres
Ceux-là s’étaient grandis par tant de corrections
D’épreuves de devoirs ils étaient tout fiers d’être
Imprimeurs qui donnaient une bonne impression

Hommes de marbre hommes de monstre et de morasse
Leur bel ouvrage était d’abord œuvre de sueur
De chair de corps de point et de graisse et de casse

Contre la pierre unique édit de l’oppresseur
Ils pressaient les feuillets pour que rien ne s’efface
Que le livre soit libre ouvrier de labeur